Mais le moucheron a un p'tit pincement au coeur, ça faisait trois ans, et presque 200 articles (en vrai 198)
On s'ra mieux ailleurs.
Vous me suivez?
J'habite là maintenant:
http://moucheron.hautetfort.com
Après trois semaines de bachotage, de synthèses, de résumés, de dictées au menu de chaque jour, ce matin, j'y étais.
En quelques 5h et demie d'examens, votre avenir change, ou non. C'est un peu mélodramatique dit comme ça, et pourtant c'est la vérité.
Vous avez déjà tout planifié: les études, 4 années pour apprivoiser une nouvelle ville, pour avoir une autre vie.
Et ce matin, c'est du concret.
591 candidats, majoritairement des filles, tous emmitouflés dans leurs longues écharpes pour se protéger du mistral, qui ne nous épargne même pas les jours de concours.
Tout le monde s'observe, tout le monde pense "est-ce qu'elle va réussir? et moi?"
Et personne n'en sait rien.
Vous êtes partie à 6H30, vous êtes arrêtée à 7H20 sur une aire d'autoroute. Station essence bondée, envahie par des cars de ragazza et ragazzo, qui piaillent gaiement dans leur idiome transalpin. Et vous vous dîtes: 'comme je les envie'.
Ils sont là insouciants, et vous donneriez n'importe quoi pour être en voyage scolaire, à lorgner les éphèbes avec vos copines.
Sauf qu'aujourd'hui vous recevez des messages, des appels qui vous disent tous "tu pars gagnante Hein!"
Gagnante n'est pas le mot le plus évident quand:
vous avez la tête assortie au concours: quelques jolis boutons sur le front, des cernes bien installés, les cheveux en bataille, la mine angoissée, le ventre noué (oui ça personne ne le voit, on est d'accord, mais l'intérieur se reflète sur l'extérieur, c'est pas moi qui le dit c'est Danone)
Donc, les portes s'ouvrent, vous présentez carte d'identité et convocation, et vous vous installez. vous essayez de prendre une attitude avenante: un sourire.
Mais personne ne répond, trop angoissé.
tant pis.
première épreuve, vous êtes concentrée. La fille de devant oublie de remplir la grille de réponse. Vous avez le coeur serré pour elle, qui ne pleure pas, ne tremble pas, mais, vous le sentez, angoisse terriblement.
Pause.
Seconde épreuve: la dictée. Cervantès au menu, Don Quichotte et son vieux Sancho Pansa, contre les Moulins à Vent toute lance dehors. Le texte est intéressant, de qualité, vous êtes sinon heureuse, confiante.
Pause.
Troisième épreuve: le résumé. Faisons bref: vous n'êtes pas complètement satisfaite. Mais qui peut l'être dans un jour aussi décisif, où le moindre détail compte?
Pause déjeuner.
Papa vient vous rejoindre, pique-nique dans la voiture, au soleil, avec le mistral en fond sonore.
Quatrième et dernière épreuve: la synthèse. L'art-thérapie et ses bienfaits. Intéressant. Vous ne sauriez vous évaluer.
Vous remarquez avant de partir une surveillante. 60 ans au moins, un style plus que douteux, mais un chignon à la Carrie Bradshaw. Si elle souriait un peu plus, elle aurait presque l'air aussi sympathique que SJP... on ne peut pas avoir la coiffure et l'allure de Carrie.
Vous regardez la foule. Vous écoutez la foule. Et vous vous surprenez à penser, dans élan de supériorité injustifiés: "Ce n'est pas en parlant comme ça, que l'on peut comprendre Cervantès ou devenir orthophoniste"
Mauvaise langue. C'est l'angoisse de la concurrence qui vous fait parler.
Sale bête.
Oui, sale bête, mais sale bête soulagée.
Vous rentrez chez vous, coup de téléphone, textos, des encouragements, de la détente.
Le bonheur de l'après concours.
Même si cela ne fait que commencer: les oraux, les écrits de Toulouse, Marseille, oui mais vous avez passé la première étape, l'entrée en jeu qui, parce que inconnue, angoisse démesurément.
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