Mardi 15 avril 2008
Mais voyez vous, ici, il n'y a pas de bannière possible, ni de liste des livres favoris. Et pour ces raisons futiles, le moucheron déménage.
Mais le moucheron a un p'tit pincement au coeur, ça faisait trois ans, et presque 200 articles (en vrai 198)
On s'ra mieux ailleurs.
Vous me suivez?

J'habite là maintenant: 

http://moucheron.hautetfort.com






Par Midge
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Vendredi 11 avril 2008
Les jours où je traîne chez, où je travaille chez moi, je m'habille n'importe comment.
Je suis un "fashion faux pas" en personne.
Quoique, tout est une question de point de vue.
Ce que je préfère ce sont les gros pulls, les gros Sweat Shirt. Mon favori est beige, je l'ai acheté à H&M, il y a un an avec Mary, elle m'avait même fait l'avance tellement je l'aimais. Je le porte avec mon pantalon de running Nike. Et là j'ai l'ai de tout sauf de moi: d'une sportive au repos. Je me demande encore pourquoi avoir acheté un pantalon de running quand je fais simplement de la marche et du vélo elliptique... Je ne me comprend pas moi-même la plupart du temps.
M'enfin.
J'aime aussi les pulls de mon papa. A défaut d'amoureux fournisseur officiel de pulls, j'ai mon père. Mais j'ai un doute. Je ne suis pas certaine d'être sortable en pull d'homme. C'est large, relativement informe si je puis me permettre, et si je ne mets pas de talons, j'ai l'air d'un petit cachalot. Oui un cachalot d'1m70, c'est un petit cachalot.
Mais comme j'aime les cétacés par dessus tout, je n'en ai cure, et j'envisage sérieusement de sortir comme ça, un jour. Reste à savoir quand.
Toujours est-il donc, que dans ces pulls je me sens chez moi. D'abord l'odeur de ma lessive, et puis surtout le fait d'être à l'aise, qui colle tout à fait avec mes journées casanières.
Je suis dans un cocon à ce moment là. Je n'ai pas de tenue à avoir, pas besoin d'être "tirée à quatre épingles", on s'laisse aller, et quoi de meilleur que ces jours où rien n'a d'importance dans la forme?
Où, que vous travailliez sur le canapé ou sur une table, l'important reste que vous travailliez? 
Rajoutez à cela du thé (non, je n'insiste pas, je ne fais pas la promotion du thé sous toutes ses formes), un fond de musique, et c'est parfait.
Pour la musique, dans mes moments studieux, j'écoute Bach, Mozart, Beethoven, Vivaldi, doucement. J'aime particulièrement les "Christmas Oratorio" de Bach. Et la B.O. de Master And Commander  dans laquelle il y a, de Bach toujours, des morceaux géniaux.
La musique classique me rappelle mes deux grands-pères, l'un disparu, l'autre pas, dans leur salon respectifs, les après-midi tranquilles. Deux hommes très différents, voire antagonistes, mais qui se rejoignaient sur leur goût pour la musique classique et l'histoire. Ils ne se sont jamais vraiment bien connus, se sont-ils appréciés? Je ne sais pas vraiment. Mais dans mes après-midi solitaires, je m'imagine à leur place. Ces moments où, l'âme s'élève. C'est un peu ronflant de dire ça. Et pourtant le classique élève l'âme, lui apporte quelque chose de pur, qui vient d'ailleurs, bien qu'étant issu de l'esprit de quelques hommes. Je n'aurais jamais imaginé que plus tard, moi aussi, je céderais à l'appel mélancolique, enjoué, désespéré, entraînant, du classique. Je ne savais pas que ses divers visages me séduiraient tant. Sans m'en rendre compte, donc, j'ai repris le flambeau de mes deux grand-pères, deux hommes que j'admire et aime beaucoup.


Où comment partir d'un gros pull pour finir sur un éloge des aïeux.
 
Par Midge
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Vendredi 11 avril 2008
Début de "vacances" si tant est qu'on ai droit à des vacances.
La prépa est finie, je peux donc me lever un peu plus tard, travailler plus tardivement.
Evidement hier j'ai commencé mes "congés" par un thé vert bien chaud. Comme beaucoup de bloggeuse je suis adepte de thé. A ma grande tristesse je n'ai plus de thé en vrac. Mon fournisseur officiel de thé-chouchou c'est le Palais des thés mais je n'y ai rien acheté depuis des lustres.
Il faut dire que ma chère soeur m'en avait offert 7 paquets, donc j'avais de quoi tenir un siège.
revenons à nos moutons.
Le thé c'est mon carburant.
Il m'emmène ailleurs. Pas forcément au fin fond du japon, ou sur l'Île Maurice, mais loin dans mes rêves de gamine. J'ai aussi la sensation, étrange, que je fais du bien à ma peau, à mon organisme.
Je suis une adepte des gestes sans utilité immédiate mais qui, paraît-il, font du bien sur le long terme. J'aime boire du thé sans arrêt. Quand je travaille à la maison je dois en boire un litre et demi.

Donc ce matin j'ai de multiples bonnes raisons de boire du thé.
Mon réveil n'a pas sonné, je me suis donc réveillée "en retard", mais pas tard, 8h26 pour être précise. Et ça me chiffonne, je n'aime pas me réveiller après l'heure que je m'étais fixée. Sinon je n'ai pas le temps de flâner de blog en blog, de répondre à mes mails, d'écrire même si j'ai envie.
Deuxième raison: j'ai fini les cours, je suis seule cette après-midi, il me faut donc un compagnon de route. Et qui peut mieux que mon thé m'écouter m'exercer à chanter, faire de petites scnènettes de théâtre, répéter des listes de chiffres à l'endroit à l'envers, argumenter mon choix pour l'orthophonie, réciter Le Corbeau et Le Renard lentement, très vite, de manière monocorde, ou exagérément modulée, qui donc peut mieux m'écouter sans rire que mon thé?
Troisième raison: Il pleut. IL PLEUT. Nous sommes le 11 avril, notre région baigne dans le soleil depuis des mois, et il pleut. Oui c'est essentiel, je sais. Mais la pluie me donne des envies de gros pulls, de thés, de petits gâteaux (c'est MAL) et de bain chauds. 

J'ai de très bonnes raisons donc de me faire des intraveineuses de thé, et puis il me faudra de l'inspiration pour vous pondre un article digne de ce nom.

J'ai bien envie d'écrire un article beauté, du jamais vu chez moi.
Il faut une première fois à tout!
Bonne journée les bloggeuses!
 
Par Midge
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Vendredi 4 avril 2008
Trois siècles plus tard, je décide enfin de me porter volontaire pour le tag de Petite Marquise que j'ai trouvé adorable.
Comme je ne suis pas du tout brouillon, mais très organisée, il m'a fallut au moins deux semaines pour scanner des photos de moi, trouver quoi dire sur moi. Vous l'aurez compris, c'est un article égocentrique! Attention roman-photo en vue... Soyez patients...

Commençons par le commencement.

 

























28 septembre 1987. Je me fais une joie d'arriver dans ce monde. En petit pull tricoté par Mamie, je suis épuisée par le voyage. Je suis la troisième d'une fratrie de quatre. Mes parents ont attendu 7 ans pour réussir à avoir une "petite dernière" (avant qu'un adorable bébé me détrône huit ans plus tard). Cela explique mon statut de "privée de fessée", de petite peste pendant quelques années, et de mini-star. (je m'envoie des fleurs, mais il faut bien que quelqu'un le fasse).


















Mon premier Noël, mon premier voyage dans ce qui est une autre "partie de moi" j'ai nommé Orléans. J'y ai passé toutes mes vacances (ou presque) depuis ma naissance, j'y ai une famille merveilleuse, un peu Petite Maison dans la Prairie.
A ce moment là je suis trop jeune pour en profiter, mais je découvrirais bientôt la malle à déguisements, la maison familiale, avec son parquet qui craque, ses deux étages, la salle de jeu, le terrain de tennis, le fantôme du puits, la cuisinière d'un autre âge, la cheminée avec les noms/date de naissance et de baptême de ma grand-mère et de ses treize frères et soeurs. J'y suis chez moi. Et ça se voit non?





















Ce qu'il faut savoir, à mon propos, c'est que j'ai la banane. J'ai dû naître avec le sourire. On m'a toujours dit que depuis petite je souris, je ris. J'aurais pu jouer dans les pubs Lotus, ou Kinder, mais non, j'ai vite décidé que l'anonymat restait le plus beau des biens. Mais mon sourire, n'empêchait pas le légendaire "regard qui tue" (ma soeur pourrait en parler, mon père aussi). J'ai les yeux bleus un peu foncés, et quand je suis contrariée, en colère très très fort, ils sont encore plus foncés. Mon père a longtemps prétendu qu'il serait mort de nombreuses fois si j'avais eu des mitraillettes à la place des iris... Mais je garde la banane quoiqu'il arrive!


























En plus du sourire, j'avais le rythme dans la peau. La chanson bien connue chez moi, mon tube, écrit par mon frère et ma soeur, chanté en mon honneur (quand je vous dis qu'on m'aimait) et bien entendu le N°1 de mon TOP 10, bref, les paroles étaient les suivantes "Mon petit Bidou, Mon petit Coquinou, Mon petit Bidou, Mon petit Coquinou" (il vous aurait fallu l'air), je dansais comme une petite folle, sur ces paroles pleins d'un lyrisme secret.
 



































Août 1989, j'ai deux ans, enfin presque. Premières vacances au Porge, rendez-vous annuel familial, lieu de prédilections des avignonnais et des Orléanais. Je découvre les joies du camping: butagaz, gourde isotherme, casserole, je cuisinais déjà comme une grande professionnelle, et, j'avais un sens inné de l'accord. Notez bien, en effet, que je porte un pull ASSORTI au butagaz. La grande classe. Et j'ai aussi les cheveux accordés à l'herbe sèche des Landes.
Je dois quand même rajouter un petit quelque chose. Il faut croire que j'ai des "bouts de moi" semés partout en France, mais à l'instar d'Orléans, Le Porge (vers Lacanau ) c'est mon port d'attache, j'y connais les pins, leurs aiguilles longues, les pignes qui tombent, en pleine nuit, sur les tentes, les bavardages jusque tard. Quand nous étions petits, s'il était trop tard, les sanitaires étant éloignés,  nous allions faire pipi dans les fougères, hors du camping. C'était l'aventure, j'avais peur de voir un sanglier, un chevreuil surgir. La nuit le camping se transformait en source de bruits inquiétants pour la petite tête blonde que j'étais. 
 


























Mai 1990, en Haute Loire, je découvre les chiots, et commence alors ma passion (atténuée depuis) pour la gent canine, d'où mon désir, pendant longtemps, d'être vétérinaire, et mon grand-frère qui me surnommait "Brigitte Bardot" dès que je criais s'il grondait notre chienne Dalica(qui a, il faut le dire, longtemps rempli son rôle de meilleure amie de la petite fille)


















Malgré le côté provocateur, un peu lourdingue de mon grand-frère alors adolescent, je gardais la mythique banane. C'est la chose que je retrouve le plus rapidement du monde: le sourire.



















J'ai longtemps eu droit au bain dans la bassine au camping, mais, mine de rien, c'était un privilège, parce que je bénéficiait de la douche solaire, et donc de l'eau CHAUDE. Quand je vous dis que j'étais la petite dernière! 
Mais eau chaude ou pas, je chipotais tout de même, de quoi faire devenir chèvre Maman.




























J'espère que vous ne m'en voulez pas trop, pour cet article à rallonge? Enfin il y a les photos pour sauver le texte!
A vous.
 

Par Midge
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Jeudi 3 avril 2008
J'ai plusieurs tasses de thé.
 Thé vert, Thé Russe, Thé de l'île Maurice, Thé du Japon, Thé aux agrumes, Earl Grey.
 Les choix c'est pas ma tasse de thé.
Se décider.
Tout commence le matin.
Jupe? Robe? Jean? Oui mais il y a du vent, ou bien j'ai soudain des cuisses insortables. Notez que je ne montre pas mes cuisses à toute la Cité des Papes.
Et puis le repas.
Si par malheur je passe devant une boulangerie, et que, par un étrange hasard, je suis en possession de quelques euros, je me sens obligée de rentrer et de choisir. Eclair? Religieuse? Pain au raisin? Cookies? Mille-Feuilles? Plus il y a de crème plus je suis heureuse. Et si tous les desserts rivalisent de beauté gustative (mais qu'est-ce?) je poireaute plusieurs longues minutes.
Pour me sauver de ces choix inutiles, je n'ai pas de sous, je me prépare mes petits repas à la maison, je me dis-ci-pli-ne, je me motive.





















Et puis viens la fin d'après-midi.
Le chocolat noir ou celui lait/noisettes? Ou bien je fais ma raisonnable et je prends un Bio (Activia, pardon)?
Je fais du vélo elliptique ou je regarde une série débile (je confesse, à ma grande honte, que j'ai regardé plusieurs épisodes de Plus Belle La Vie, il y a un an et que je suis retombée (bien bas) dans le panneau avec Cinq Soeurs, pitié ne me flagellez pas)? Mes jambes sortiraient bien de leur hivernation, souhaiteraient retrouver l'aspect fuselé de leurs 5 ans. Mais honnêtement quoi de plus rasoir qu'un vélo elliptique dans une chambre, avec le ipod qui hurle?
Je ne me suis jamais résolue à aller tout simplement faire un jogging.
J'ai un traumatisme sportif. Je déteste faire du sport (du vrai sport, pas un jeu) devant des GENS.
j'ai juste l'impression qu'il y a écrit sur mon front "dernière au cross depuis ses 7 ans".
J'ai jamais eu de médaille moi.




















J'étais bonne qu'en orthographe moi (mea culpa pour les fautes semées ici et là).
Donc j'ai le choix entre dandiner mon derrière entre mes quatre murs, avec les photos de mes proches qui me regardent avec indulgence, ou bien remuer mon postérieur sur le terrain de sport non loin de chez moi, qui rassemble nombre d'abrutis qui vivent dans ma petite ville moche. Lesdits abrutis jouent au basket, dealent, rient grassement, et n'ont évidement aucune notion de psychologie féminine. 
Là, mon choix est fait, sans hésitation.
J'adore ma chambre.
C'est ma tasse de thé. 
 

 
Par Midge
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Dimanche 30 mars 2008
Hier je regardais Le Roi Lion.
C'est un peu mon Disney de chevet. Quoique si je devais choisir, je ne suis pas certaine que j'y arriverais. Disney, c'est mon dada.
Donc je regardais Le Roi Lion, je connais les dialogues, les chansons par coeur, et même après je ne sais combien de séance Mufasa-esques , je suis toujours émue, je pleure même de temps à autre, et toujours aux mêmes moments.

Pitoyable? Eventuellement, pourtant je ne vois pas pourquoi avoir honte de choses que l'on aime.
BREF.
Je regardais Le Roi Lion.  Après le passage des gnous dans les gorges, Simba est seul et cherche son père.
Et quand j'ai vu le corps de Mufasa pour la énième fois, cette fois-ci j'ai réalisé.
J'ai réalisé que j'avais une peur panique des choses irrémédiables. Ces actes qui portent à conséquences pour toujours. Dans le pire des cas: un meurtre, dans le meilleur: une grossesse.
Cela génère en moi un trouille inexplicable.
Je déteste les disputes, les fins, les adieux. Qui les aime?
Ils m'effraient, par le risque de non-retour. Après une dispute, le plus souvent, je tend une perche, par peur de me retrouver dans une impasse, peur d'avoir à tourner définitivement la page.

On dit de moi que je suis optimiste, et c'est vrai.
J'espère, sans arrêt, pour tout. Les amis, les études, l'amour, la maladie.
Si j'espère, malgré toute ma sincérité, c'est avant tout par refus du définitif, du terminé, du plus jamais.
C'est une attitude immature peut-être, mais qu'y puis-je?
Je n'aime pas les limites, les frontières, je les vois comme des empêcheuses de tourner en rond, de vieilles harpies rabat-joie. Je n'admet que très rarement le côté définitif d'une situation, j'aime penser que, quelles que soient les circonstances, il y a toujours une issue de secours, une bulle d'air, une échappatoire.
Optimiste je vous dis. 

 
Par Midge
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Jeudi 27 mars 2008
On a dit beaucoup de mal des groupes de filles.
Pimbêches, cachottières, sans merci.
Entièrement faux?
Non bien sûr...
On a toutes rencontré ces sympathiques créatures, de celles qui vous font de jolies crasses (avec le sourire s'il vous plaît), celles qui vous détestent d'emblée, ad vitam eternam.




Mean_Girls_split_screen_telephone_calls.jpg  












Mais, je ne vous parle pas de celles-là.
J'aime les filles. J'aime rire avec elles, j'aime aussi mettre du vernis, j'aime être une fille.
J'aime beaucoup de choses me direz vous.





87214393.jpg














Oui.
Les bulles de savon, le printemps, le thé, le thé, le thé, les soirées entre filles, devant un paquet de biscuits.
Les garçons sont une chose, les filles en sont une autre.
Plus compliquées dit-on.
Probable.
Pas toujours.
Plus sensibles.
Eventuellement.
Peu importe.
Je ne pourrais pas me passer de mes amies.
Parce que ce sont mes amies.
Parce que ce sont des filles.



75043797_small.jpg  




















Avec elles je parle de tout.
Avec elles, mais aussi (comme certaines l'ont déjà exprimé) avec celles, jamais rencontrées que je lis chaque jour.
C'est un truc de fille, vous ne pouvez pas saisir.
Ce besoin de parler, d'être dans un cocon, de choisir de voir d'abord celles qui sont agréables, sensibles, et non pas les acerbes, vaines et viles filles.
J'aime les copines.
Pouvoir parler de jupes, chaussures, parfums, sans qu'elles vous pensent que vous êtes creuses, parce qu'elles voient plus loin.
Alors oui, j'aime les filles, la féminité et la légèreté.
Soyons satisfaites.
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Par Midge
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Mercredi 26 mars 2008
Il est des journées pleines de tendresse
De ces jours qui débutent par des rêves de cotons
et s'achèvent dans des  songes  d'enfant.

De ces longues suite d'heures
Où vous ne souhaiter qu'être Marianne
Et qu'il soit Robin
Qu'il vous glisse une fleur au doigt,
Que les lucioles flottent autour de vous.

Il y aurait cette rivière et sa cascade.
Vos reflets dans l'eau,
Un voile mauve sur vos cheveux épars.

Un souffle discret, paisible,
Le vent murmurant sa poésie,
De longs vers délicats,
De douces strophes.

Des journées de rêves,
Des journées d'enfant.

Une suite d'heures tendres, 
Une suite d'heures comme des contes.

Des jours de bonheur simples,
d'imagination délicate. 

 
Par Midge
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Mercredi 26 mars 2008
 Vous recevez une lettre, on vous dit des mots.
Ces mots que toutes les petites filles attendent.
Les phrases emphatiques, enflammées, qui ne s'adressent qu'à vous.
Les expressions toutes faites, un peu sucrées, trop romantiques, mais authentiques, sincères.
Vous lisez, vous vous dites que tout cela est impossible.

Impossible, mauvaise plaisanterie, ironie du sort, erreur de candidat.
Les bons mots, l'expression rêvée, la réponse à vos attentes enfantines, mais le mauvais expéditeur.
Celui-là vous le connaissez, vous l'appréciez, c'est un ami, un merveilleux ami, mais simplement un ami.
Il ne doit pas vous dire cela.
Parce qu'il n'est pas le bon.
Celui dont vous rêvez, celui dont vous parlez.
Celui qui rempli vos lettres, celui de qui ces mots auraient du venir. 


Ironie cruelle, coïncidence désagréable, surprise grinçante. 
Vous voilà dans la position de celui qui blesse. Face à vous: celui dont on n'ignore rien sauf le coeur. La place que vous avez parfois occupée, vous en connaissez l'inconfort, la peine aussi.
Et c'est à votre tour de dire non.
De dire "c'était presque parfait".
Et dans le "presque" réside la clé de l'intrigue, la réponse au pourquoi de l'autre et aux vôtres.
Dans ce "presque" tout perd sa saveur, la déception pour l'un, l'attente pour l'autre, resurgissent.
Dans ce "presque" est la justification de la peine infligée. 
Vous le pensiez.
Vous en êtes sûre.
L'amour ne se satisfait pas de compromis.  
Par Midge
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Jeudi 20 mars 2008

Après trois semaines de bachotage, de synthèses, de résumés, de dictées au menu de chaque jour, ce matin, j'y étais.

En quelques 5h et demie d'examens, votre avenir change, ou non. C'est un peu mélodramatique dit comme ça, et pourtant c'est la vérité.

Vous avez déjà tout planifié: les études, 4 années pour apprivoiser une nouvelle ville, pour avoir une autre vie.

Et ce matin, c'est du concret.

591 candidats, majoritairement des filles, tous emmitouflés dans leurs longues écharpes pour se protéger du mistral, qui ne nous épargne même pas les jours de concours.

Tout le monde s'observe, tout le monde pense "est-ce qu'elle va réussir? et moi?"

Et personne n'en sait rien.

Vous êtes partie à 6H30, vous êtes arrêtée à 7H20 sur une aire d'autoroute. Station essence bondée, envahie par des cars de ragazza et ragazzo, qui piaillent gaiement dans leur idiome transalpin. Et vous vous dîtes: 'comme je les envie'.

Ils sont là insouciants, et vous donneriez n'importe quoi pour être en voyage scolaire, à lorgner les éphèbes avec vos copines.

Sauf qu'aujourd'hui vous recevez des messages, des appels qui vous disent tous "tu pars gagnante Hein!"

Gagnante n'est pas le mot le plus évident quand:

vous avez la tête assortie au concours: quelques jolis boutons sur le front, des cernes bien installés, les cheveux en bataille, la mine angoissée, le ventre noué (oui ça personne ne le voit, on est d'accord, mais l'intérieur se reflète sur l'extérieur, c'est pas moi qui le dit c'est Danone)

Donc, les portes s'ouvrent, vous présentez carte d'identité et convocation, et vous vous installez. vous essayez de prendre une attitude avenante: un sourire.

Mais personne ne répond, trop angoissé.

tant pis.

première épreuve, vous êtes concentrée. La fille de devant oublie de remplir la grille de réponse. Vous avez le coeur serré pour elle, qui ne pleure pas, ne tremble pas, mais, vous le sentez, angoisse terriblement.

Pause.

Seconde épreuve: la dictée. Cervantès au menu, Don Quichotte et son vieux Sancho Pansa, contre les Moulins à Vent toute lance dehors. Le texte est intéressant, de qualité, vous êtes sinon heureuse, confiante.

Pause.

Troisième épreuve: le résumé. Faisons bref: vous n'êtes pas complètement satisfaite. Mais qui peut l'être dans un jour aussi décisif, où le moindre détail compte?

Pause déjeuner.

Papa vient vous rejoindre, pique-nique dans la voiture, au soleil, avec le mistral en fond sonore.

Quatrième et dernière épreuve: la synthèse. L'art-thérapie et ses bienfaits. Intéressant. Vous ne sauriez vous évaluer.

Vous remarquez avant de partir une surveillante. 60 ans au moins, un style plus que douteux, mais un chignon à la Carrie Bradshaw. Si elle souriait un peu plus, elle aurait presque l'air aussi sympathique que SJP... on ne peut pas avoir la coiffure et l'allure de Carrie.

Vous regardez la foule. Vous écoutez la foule. Et vous vous surprenez à penser, dans élan de supériorité injustifiés: "Ce n'est pas en parlant comme ça, que l'on peut comprendre Cervantès ou devenir orthophoniste"

Mauvaise langue. C'est l'angoisse de la concurrence qui vous fait parler.

Sale bête.

Oui, sale bête, mais sale bête soulagée.

Vous rentrez chez vous, coup de téléphone, textos, des encouragements, de la détente.

Le bonheur de l'après concours.

Même si cela ne fait que commencer: les oraux, les écrits de Toulouse, Marseille, oui mais vous avez passé la première étape, l'entrée en jeu qui, parce que inconnue, angoisse démesurément.

Par Midge
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