Dimanche 6 mai 2007
Tu es faux, et ton affection sonnait creux. Je me le repétais chaque jour, et à chacun de tes sourires. J'ai tenté de me persuader que "je méritais mieux", que j'avais le droit d'attendre "plus". Mais qu'est ce que cela signifiait? La raison ne m'atteignait plus vraiment. Je faisais semblant d'y croire. Je savais que face à toi ma force perdait sa réalité, je me devinais aussi faible que ceux que je blâmais, j'en avais honte. Jamais je n'aurais pensé que quelqu'un pourrait me réduire à cet état d'attente. Mon obstination qui servait l'intransigeance, la bienséance et la fierté, s'était faite le disciple de sentiments inconnus depuis ton passage. Ces Dom Juan n'étaient pour moi rien de plus qu'une légende.Dans toute ma naïveté et mon idéalisme je pensais que seul un rêve réel pourrait me troubler. Tel est pris qui croyait prendre. Ton arrogance, ton auto-satisfaction me rebutaient autant qu'elles attisaient ma curiosité. Mais une chose restait inchangée: mon refus de jouer, et de miser sur le mensonge et le semblant. Voilà la raison de ce qui fut une peine réelle. J'étais la prisonnière et le géôlier. Je voyais la sortie et refusais de détacher mes chaînes. Trop attachée, trop fidèle, je ne voulais pas quitter ma cellule. J'aimais me rapeller les fois où je t'avais défié, griffé, agacé avec des envies de douceur. J'aurais oublié tes mensonges, tes scènes surjouées, les coups de théâtre. Mais je ne pouvais plus te croire désormais, je ne pouvais plus penser à te laisser un jours mes espoirs dans les mains, de peur que tu n'en ries. J'aurais pourtant voulu que tu me parles, sécher les larmes qu'un jour, sans doute, tu aurais versé, apaiser tes frayeurs, rires à tes plaisanteries, fêter tes succés. Je me serais peut-être même résignée à panser les blessures qu'une autre t'aurait infligé, plutôt que de souffrir ton silence, cette indifférence que tu m'imposais par malice peut-être, mépris certainement. Mais il est une chose que je te demanderais de m'épargner c'est... la désilllusion. Laisse moi mes rêves, mes souvenirs, mes naïfs espoirs. Ne me dis jamais que tout n'était que jeu et théâtre. Laisse moi croire que tu m'accordais quelque importance, que ta joie n'était pas feinte, que tu as toi aussi souffert un peu. Je sais ma crédulité, mais je veux la garder comme un baume pour un coeur un peu écorché. Chacun ses remèdes. Je ne peux pas arrêter d'écrire. Je sais pourtant que chaque ligne restera secrète, mais peut-être que j'espère que tu les lises un jour. Peut-être pour que tu regrettes, peut-être pour que tu saignes un peu, peut-être pour alimenter un espoir vain. Mais j'espère, et tu n'entendras jamais ces paroles livrées aux vents, qui nourriront les bruits de la nature. J'aurais aimé pouvoir te suivre dans les méandres de ton jeu et de tes éclats de rire.

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